PVR #36 : MOQUÉ, HUMILIÉ – LA DÉCHÉANCE DE JEAN-CLAUDE VAN DAMME


Quelques rues au sud de la “Cuisine de l’Enfer”, au Scores, les esprits sont échauffés Dans ce strip club branché de Manhattan les effeuillages embrasent les sens et consument les porte-monnaie. Cette fournaise, réputée être un repaire de célébrités s’apprête à devenir le théâtre d’un affrontement entre deux d’entre elles et non les moins robustes. Chuck Zito, acteur, boxeur, membre des Hells Angels, garde du corps de stars s’introduit le premier dans l’établissement. La chair qui l’appâte n’est pas de nature humaine, mais bovine. Il engloutit peinardement sa grillade quand un videur l’interrompt pour lui transmettre un message : un certain Mickey Rourke le convie à rejoindre sa table. Invitation acceptée : c’est un ami. Sur place, l’acteur américain n’est pas seul, une brochette de camarades l’accompagnent dont Jean-Claude Van Damme. Rien d’étonnant, l’année dernière lui et Rourke ont partagé l’affiche de Double Team “Hey Chuck Zi-To” Le ton est arrogant, le regard expéditif. Jean-Claude joue au con, cela ne fait aucun doute selon Chuck Il faut dire que diverses brouilles ont contribué progressivement à froisser leur entente, une histoire de femmes notamment. Peu importe, Chuck est venu bavarder avec Mickey Rourke, il ne veut pas de problèmes. Une sage décision, qui n’empêchera pas la querelle Plus tard dans la soirée, Francky un autre videur en qui il a une entière confiance, lui chuchote à l’oreille : “Hey Chuck pourquoi tu perds ton temps avec ce connard ?” “Qu’est ce que tu veux dire ?” “Je viens juste de l’entendre parler de toi aux toilettes. Je lui ai demandé un autographe et je lui ai dit qu’on avait un ami en commun, Chuck Zito. Et là il a commencé à rire et à dire que tu n’avais pas de cœur, comme ça putain !” Pas de cœur, qu’est ce que Jean-Claude entend par là… Mystère qui mérite élucidation. Chuck rapproche sa chaise de celle de l’acteur belge et somme la stripteaseuse de bien vouloir se tortiller sur les genoux d’un autre. Entouré par une foule de festoyeurs dansants, musique assourdissante en fond, Chuck Zito et Jean-Claude Van Damme se jaugent. “Jean-Claude, est ce que tu viens de parler de moi aux toilettes ?” Au milieu de ce brouhaha, le silence de Jean-Claude semble résonner. L’instant d’après, il retire minutieusement ses lunettes et les insère dans sa poche. Il approche sa tête de celle de son interlocuteur et le fixe droit dans les yeux : “Ouais et alors ?” “Tu as dit à Francky que je n’avais pas de cœur ?” “M-hm” “Et pourquoi tu as dis ça ?” “Parce que tu es un bouffon.” Estomaqué, Chuck attrape Jean-Claude par le bras. Il a besoin d’une confirmation le vacarme rend les mots peu discernables. “Est-ce que tu viens de dire que j’étais un bouffon ?!” “Non. J’ai dit que tu étais un PUTAIN de bouffon.” Chuck attaque. Un direct du droit puis un crochet du gauche suffisent à faire mordre la poussière à son adversaire. “Espèce de sac à merde ! Je n’ai pas de cœur ? C’est toi qui n’en a pas !” “On n’est pas dans un film trou du cul ! C’est la rue ici ! Et c’est mon putain de territoire !” Aux coups de poing succèdent toutes sortes d’objets que Chuck projette au visage de l’insolent. Ce dernier, acculé, n’a aucune ouverture pour rétorquer. L’humiliation prend fin à la survenue de Mickey Rourke et ses compères. Chuck déguerpit avant l’arrivée de la police, direction l’hôpital. Il s’est cassé un os de la main. Jean-Claude, cézigue, est expulsé du club, défait. Ce n’est pas grave, le lendemain il n’aura de toute façon que peu de souvenirs. Pour cause, lors de cette malheureuse soirée, il n’était pas lui-même. Ce début d’année est épouvantable. Non seulement Van Damme s’est vu le mois dernier condamné à verser des mensualités de 112000 dollars à son ex-femme Darcy LaPier et leur enfant Nicolas, une pension alimentaire parmi les plus astronomiques jamais perçue à Hollywood, et voilà maintenant qu’il se fait démolir le portrait au cours d’une petite sauterie trop arrosée. Sa visite au Scores avait pour objet la célébration d’un accord contractuel avantageux avec une société de production. Résultat : 3 ans d’efforts à ne pas boire une goutte d’alcool ruinés. Tout ce qu’il peut espérer, désormais, c’est que cette déconfiture ne soit pas vaine : sa carrière va mal, très mal. Les producteurs sont comme les banquiers pense Jean-Claude, si le succès revient il se rueront sur lui. Cela n’arrivera pas. “Piège à Hong Kong”, “Légionnaire” “Universal Soldier le combat absolu”, “Inferno”, ses quatre tentatives de retour, tournés en l’espace de 2 ans, échoueront les unes après les autres. Finalement la fête n’aura pas duré très longtemps. 6-7 années tout au plus sous le feu des projecteurs. L’ère Van Damme, celle qui glorifiait “The Muscles from Brussels” est bel et bien révolue. Mais ce n’est que le début, le pire est à venir. La déchéance de Jean-Claude Van Damme ne fait que commencer. Sous-titres par Akema Studio 103, Plaine Seine Saint-Denis. Jean-Claude patiente en coulisses. Il s’apprête à débarquer sur le plateau de Loft Story La toute première télé-réalité française. L’occasion pour lui de présenter son dernier film “Réplicant” et profiter de la large audience de ce programme phénomène. Sa venue concerne l’un des candidats de l’émission, Aziz, qui caresse le doux rêve d’exercer dans le cinéma d’action. La foule est en délire. L’acteur belge est une fierté nationale. Il est le francophone qui, parti de rien, a percé à Hollywood. C’est un véritable prestige de le recevoir à Paris. Acclamée, la star ne se doute pas une seconde que dans quelques dizaines de minutes les choses ne seront plus jamais pareilles. Le 14 juin 2001, devant 8 millions de téléspectateurs, Jean-Claude Van Damme entre en scène. (Annonceur) “C’est vous qui décidez !” (Présentateur) “Mettez vous-là Jean-Claude. Parce qu’évidemment Jean-Claude est une pile électrique. On a beaucoup de mal à le tenir en place. Alors je le disais” (JCVD) “Tiger !” (Présentateur) “Voilà ! Le Tigre !” (Présentateur) ” On parle un peu de Réplicant, qui sort le 11 juillet” (JCVD) “Il bégaye maintenant !” (Présentateur) “J’ai changé !” “C’est l’effet Loft Story ! Je bégaye maintenant.” (JCVD) “Ok super !” (Présentateur) “Alors, Jean-Claude…” (JCVD) “Il va peut-être ou peut-être pas réussir, je ne sais pas… Attendez ! Laissez moi parler comme moi je pense la vie…” (JCVD) “Alors tu fais confiance à des gens comme moi j’ai fait confiance et parfois il y’a des gens qui tombent avec des affaires comme ça dans-dans… dans la drogue.” (JCVD)”Aujourd’hui, ce soir, et que ce soir ces erreurs, elles sont-elles sont ici… Ah ! Stop ! Arrêtez les clappements, merde ! Arrêtez ces histoires… Je parle du cœur ici, on n’est pas du show-business ! Alors Aziz, ne fait pas ce soir si moi j’ai pris parfois des conneries pour les autres… Même que les magazines te prennent… en bout… c’est pas grave ! C’est bien ! Parce que, ne tombe pas comme j’suis tombé !” Brusquement, les français perçoivent autrement Jean-Claude Van Damme. Certes, jusqu’ici, les rares fois où il a paru dans les médias hexagonaux, il avait déjà perdu sa maîtrise de la langue de Molière et s’était fait remarquer pour une bruyante éructation dans l’émission “Nulle Part Ailleurs” : (JCVD)(Présentatrice 1) “Le lundi j’appelle le premier ministre et le mardi…Édouard Balladur est sur le point…” (JCVD) “C’est pas moi, hein !” (Présentateur 2) “Monsieur Van Damme sait faire l’acteur ! Y’a pas de problèmes !” (JCVD) “Je m’excuse !” (Présentatrice 1) “Totalement inexcusable.” Mais il n’en demeurait pas moins plaisant, intéressant, et par dessus tout concis. Lors de son intervention à Loft Story ça désinhibition met mal à l’aise. Il apparaît ingérable, évoquant le sujet de la drogue, drogue dont il semble lui-même être sous l’emprise… Malheureusement, ce qui aurait pu rester un instant d’égarement emprunte la route de la récidive. Le même mois, toujours dans le cadre de la promotion de Réplicant, il multiplie les interviews et scelle sa réputation pour les décennies à venir. (JCVD) “Ben, dans notre monde à nous, 1+1=2, 2+2=4, comme ça on devient selfish on prend du pognon et on partage pas. …mais si 1+1=1… ou peut-être que 1+1=11 ! Et ça c’est beau. Comme je dis toujours… euh… j’suis de religion catholique – moi, tout ce qui est le serpent avec Adam et Eve et la pomme, j’y crois plus. J’suis trop malin pour ça ! Parce qu’un serpent est gentil ! Et une pomme c’est bon, ça contient de la pectine ! C’est anti-cholestérol. J’sais pas pourquoi ils me parlent dans la rue mais ils me parlent…Il faut réveiller les gens, c’est-à-dire qu’il y a des gens qui font leur travail, qu’ils font leurs études, qu’ils ont un diplôme et qui sont en contact tout ça… Mais t’es à la rue et tu fais toujours : …faut que tu te mouches. Tu veux un mouchoir ? Alors, y’a des gens comme ça ils sont pas aware ! Moi j’suis aware tu vois ? J-je c’est un exemple. Je suis aware et ça… pourquoi les gens ils disent tiens c’est un mec qui est…. Non parce que ça me fait mal au cœur de savoir que tu sais, il a tort. Alors, je suis aware ! Alors, on a sur un close-up d’un chinois qui fait “MwaNya!” Et puis on revient sur moi et on voit mon coup de pied !” (Invité) “Ils sont chiants les chinois pour ça, ils font toujours “MwaNya !”, toujours !” (JCVD) “Très grand peuple… Mais seulement ce qui se passe…et ils ont découpé” (Invité)Depuis, Jean-Claude Van Damme occupe une place de choix dans les bêtisiers, à défaut des salles obscures. Ses longs métrages sont à présent cantonnés au marché du “direct to video”. L’ ex karatéka bankable découvre le monde du téléfilm bon marché, ses tournages trop courts et ses moyens ridicules. De facto, sa filmographie connaît une descente aux enfers. Le nanar grotesque The Order, mal fichu de bout en bout, et Point d’Impact, un Die Hard ferroviaire fauché, mettant en scène un McClane éteint et des wagons en carton-pâte, ouvrent le bal des navets insipides. In Hell, ennuyeux et répétitif, bien que réalisé avec plus de soin qu’à l’accoutumée, marche sur les plates-bandes du cinéma cérébral, mais trébuche aussitôt dans le prétentieux. (JCVD) “Des gens disent une chose mais en font une autre. On est dans un monde de merde.” Un effort infructueux qui précipitera définitivement Jean-Claude dans les abysses de l’industrie. L’Empreinte de la Mort : du vu et revu. Une sempiternelle histoire de vengeance manquant cruellement de bastonnade. Le comble pour un Van Damme. Même constat pour The Hard Cops. Le quarantenaire a décidé de moins exhiber ses Mawashi-Geri pour se concentrer sur l’acting, sauf que dans la peau d’un vétéran, il confond gravité et néant, allure ténébreuse et regard morne. Pensant progresser, il adoptera cette posture inconsistante dans la plupart de ses films suivants, dont Ultime Menace, sans intérêt. Dans Jusqu’à la Mort, Jean-Claude prouve pourtant qu’en interprétant un ripoux, il devient instantanément moins lisse. Un coma se charge malencontreusement de lui faire retrouver son personnage vertueux, insignifiant. L’Empreinte de la Vengeance, récit sans identité ni saveur, conclut ce septennat cinématographique placée sous le signe de la fadeur. Qu’est ce qui a bien pu se passer ? Comment Van Damme a-t-il pu descendre aussi bas ? A quel moment tout a foiré ? Un homme était présent lorsque c’est arrivé. Il a vu l’acteur abandonner la raison pour la folie. En fait, il était là depuis le début… Cet homme, c’est Mohammed Qissi. La légende veut que Jean-Claude Van Damme soit parti seul à la conquête d’Hollywood : le rêve américain. Démarrer de rien en solitaire, réussir et s’enrichir, qui plus est par le biais de fictions exaltant le dépassement de soi, quoi de plus parlant pour la jeunesse. Jean-Claude contrairement à ce qu’il affirme : (JCVD) “J’suis arrivé seul aux Etats-Unis.” N’était PAS seul. Avec son ami d’enfance, ils formaient un binôme. (Mohammed) : “On a galéré des 82 à 86 c’était vraiment… C’était très dur, c’était très dur mais on avait aussi de très bon moments, parce que on était des amis d’enfance, ça fait que, heureusement que, qu’on était ensemble. A Hollywood, Jean-Claude à plusieurs moments il mettait-il mettait des dates, Okay ? Pour le retour si on… mmm on part. J’ai dit OK. Quand la date arrive, j’ai dit Jean-Claude moi je ne retourne pas la queue entre les jambes. Je réussis ou je crève. C’est un des 2. Tu veux retourner, tu retournes seul à Bruxelles. Alors à ce moment là ! Tu le voyais “OK ! On combat !” “On est au mois d’août…” donc lui c’était le calculateur… “Septembre-octobre-novembre-décembre-janvier !” “Si, y’a rien, on retourne, hein !” OK d’accord. Et puis c’était une éternelle, ça comme ça… Mohammed Qissi revêtait une importance toute particulière aux yeux de Jean-Claude. Se lancer à 2 dans cette entreprise folle avait encouragé ce dernier à prendre une décision ardue : quitter son confort bruxellois. En 1982, Jean-Claude, âgé de 22 ans à peine, déjà marié, est le patron du California Gym, une affaire qui marche du tonnerre au point qu’il roule en Mazda RX7. Los Angeles fut un abrupt retour à la case départ. Lui et Qissi durent longtemps faire des petits boulots avant de fouler le moindre plateau de tournage. La terre des opportunités n’en offrit que peu, la concurrence était féroce, et croiser Arnold Schwarzenegger au Gold Gym, ou Sylvester Stallone aux studios de la Paramount s’avéra tout à fait inutile. Seul l’être le plus puissant de l’univers, Chuck Norris, permit à Jean-Claude de faire le cascadeur dans Portés Disparus. Excepté cela, deux ans après leur arrivée, le tandem n’obtient que deux misérables postes de figurants dans Breaking avant que ne se poursuivre une longue traversée du désert, jonchée de déceptions et de castings sans suite. Au fil de cette épopée des plus éprouvantes pour Jean-Claude, Mohammed Qissi n’était jamais très loin. (Mohammed) : “Mais alors il y avait un petit truc entre Jean-Claude et moi. Chaque fois qui avait un casting comme ça bon, moi je ne le regarde pas, je le connais. Je sais de quoi il est pas capable mais je regarde un peu la réaction des autres gens le regardant. Et Jean-Claude me regarde… pour voir un petit peu… qu’est-ce qu’ils en pensent. Puis alors, si je fais comme ceci, ça veut dire évidemment tu es sur le bon chemin, c’est super ils adorent, leur réaction est magnifique. Si je fais… comme ceci… oublie. Ben moi, évidemment, je mentais ! C’était tout le temps comme ça quoi ! Bé qu’est-ce qu’un ami fait ? Un ami-un vrai-un ami c’est quelqu’un qui… qui-qui veut du bien son ami ! Donc moi j’essaie d’abord de… de-de faire de… j’sais pas… L’agent, le manager, l’entraîneur, j’étais un ami. On a grandi ensemble, je voulais le mieux pour lui.” Au cœur d’un pays étranger dont il ne parlait pas la langue, Jean-Claude avait donc un frère sur qui compter. Ensemble, ils firent face au plafond de verre de la cité des anges. Mieux que ça, après que Jean-Claude eut fait une apparition minime dans Monaco Fever, “T’as beaucoup de chance !” et obtint un rôle de méchant dans le médiocre No Retreat No Surrender, Mohammed Qissi se révèla déterminant dans la réussite de Jean-Claude Van Damme. C’était en 1986. “Je déteste cette tête. J’là déteste, j’là déteste, j’là déteste” rumine Jean-Claude Van Damme en train de déjeuner. Il a beau avoir fini par décrocher le gros lot en étant recruté pour jouer le Predator dans le film éponyme, impossible d’apprécier l’instant. La dégaine du monstre l’exaspère au plus haut point. Handicapé par son anglais approximatif, le bruxellois finit par comprendre, grâce aux explications du staff qu’il sera invisible la moitié du long métrage. Ce qui n’a pas été pour arranger la situation. Jean-Claude qui pensait enfin pouvoir dévoiler au monde entier ses talents d’expert en arts martiaux, et affronter en duel Arnold Schwarzenegger, constate avec affliction qui n’est qu’un simple cascadeur, devant se coltiner une armure si encombrante qu’elle interdit le moindre coup de pied. Faute de le combattre, Arnold qualifiera le belge de roi des râleurs. Le rouspéteur ne rouspétera pas très longtemps. Le Predator jugé cheap et laid, ne convient pas et est remplacé par une sorte de rastafari de l’espace : le rastafari de l’espace. Jean-Claude Van Damme et ses 1m77 ne peuvent endosser cette nouvelle cuirasse, Kevin Peter Hall, 2m19, assurera la relève. Cette expérience pourrait ressembler trait pour trait à un fiasco, un de plus, si a posteriori celle-ci ne s’était pas révélée providentielle au cours d’un entretien avec un producteur. Menahem Golan du groupe Cannon, spécialisé dans le cinéma à petit budget, a consenti à recevoir le duo bruxellois. Une chance rare qui leur est donnée. Jean-Claude exécute son fameux grand écart, sans que son interlocuteur s’en épate. De toute leur âme les deux se vendent, mais ne convainquent pas. Le rendez-vous tourne court. C’est alors que Mohammed temps un coup de bluff en avertissant le producteur de sa monumentale erreur : “Van Damme est en train de tourner dans Predator, un gros film avec Arnold Schwarzenegger.” L’information fait tilt chez Golan, qui demande tout de même à sa secrétaire de contacter la Twenty Century Fox pour vérifier ces dires. Ce ne sera pas les premiers escrocs à qui il a à faire. Un agent, par chance mal informé, confirme sans donner plus de détails. Sur cette hâblerie, les belges sont engagés pour jouer dans Bloodsport : Tous les coups sont permis. Le carton planétaire inattendu de cette petite production, propulsera leur carrière. Ainsi Mohammed Qissi à bravé une par une les épreuves aux côtés de Jean-Claude Van Damme. Lorsque la roue s’est mise à tourner, il était aux premières loges pour assister à la transformation de son ami. Double Impact et Universal Soldier génèrent 180 millions de dollars à travers le monde. Van Damme entre au panthéon des gros bras. Ce quotidien incroyable auquel il a désormais accès, c’est ce qu’il souhaitait le plus au monde. Il y a plus de 10 ans, lorsque la vie de compétiteurs en light contact, une version contrôlée de la boxe américaine s’ouvrait à lui, elle ne l’emballait pas. Elle se résumait à son sens à prendre des coups toute sa vie, se faire démolir le cerveau, et souvent finir dans la misère sans rien laisser derrière soi. Lui qui était avide de gloire et de richesse (JCVD) “J’adore l’argent !” est logiquement plus qu’enthousiaste d’avoir fait fortune dans les films d’action. (JCVD)”Regarde comment je vis ! Je loge dans les plus belles suites des hôtels les plus prestigieux du monde. Je porte les plus belles fringues, qui me sont offertes par les plus grandes maisons. Je roule dans les voitures de mon choix. J’ai un superbe appartement à Santa Monica, une maison de Los Angeles et j’ai pu offrir à mes parents un appartement à Knokke-le-Zoute. Je fais des films ! Je donne de l’espoir à des jeunes qui m’admirent et je fais rêver des milliers de filles. J’ai connu des champions du monde. Leur vie n’a rien de comparable avec la mienne.” Jean-Claude vit un rêve, c’est plus que ce qu’il n’avait jamais espéré. Il a pénétré l’impénétrable. Et, tout à coup, les promesses que lui et Mohammed s’étaient faites lors des années galères paraissent bien dérisoires. (Mohammed) “On avait eu un pacte quoi quand on est arrivés là-bas en 82. Le pacte c’était 50-50 : on est ensemble, on travaille ensemble, on met tous ensemble dans une société, c’est 50-50 on chipote pas, on travaille tou-tous les deux très dur et ses 50-50 ! Et un moment donné, lorsqu’on aura beaucoup d’argent on aidera les animaux, on aidera les pauvres on aidera, on aidera ! Le plus qu’on peut !” Étant donné la différence de notoriété acquise, le serment n’a évidemment pas tenu. Suan Paredes, Moustafa, Tong Po, les personnages proposés à Mohammed sont secondaires, tout comme les postes d’entraîneur personnel sur Cyborg et de chorégraphe sur Full Contact. Rien de comparable avec Jean-Claude qui enchaîne les premiers rôles. L’étoile montante, en ce qui la concerne, n’a plus une seconde à elle “Ils ne savent pas à quel point je suis accaparé” se plaint-elle en évoquant ses anciens amis. Le stress et le travail infernal découlant de sa nouvelle vie amorce la métamorphose de Jean-Claude Van Damme, l’orgueil la consolide. Le comportement du belge change. Sa fierté d’avoir réussi tourne à l’arrogance et à la vanité. Chuck Zito en sait quelque chose. En ce temps-là, bien avant l’altercation au Scores, il assurait sa sécurité en tant que garde du corps. (Chuck) “Pour moi c’est rapidement devenu évident que notre relation n’allait pas durer. Je ne m’entendais pas avec lui de la même façon qu’avec mes clients quand tu passes autant de temps avec quelqu’un, il faut développer une certaine relation et ça n’a jamais été le cas avec Jean-Claude. Déjà je n’appréciais pas son comportement, son attitude. J’ai travaillé avec quelques unes des plus grandes stars mondiales et la plupart d’entre elles se sont efforcées à mettre leur entourage à l’aise. Elles vivaient sereinement leur célébrité et ne la brandissait pas avec arrogance. Elles étaient gentilles avec les petites mains qui croisait leur route. En d’autres termes, elles semblaient être conscientes de la chance qu’elles ont. Jean-Claude, pour sa part, agissait comme si le monde lui devait quelque chose. Il n’était pas élégant. En fait il pouvait même parfois être carrément méchant.” Du côté de Mohamed, le désemparement n’est pas en reste. Les choses ne se passent pas du tout comme prévues et il en est le premier affecté. Il y a eu un avant et un après Bloodsport. (Mohammed) “Je dois dire que, ça n’a pas tourné vraiment comme je voulais… mais tu vois, au départ Jean-Claude et moi c’était lui et moi. Il n’y avait personne qui venait entre… Dès le succès, c’était la folie. Le téléphone sonnait tout le temps. C’était les restaurants, c’était les réceptions, c’était les fêtes. C’était…. Jean-Claude réagissait un petit peu différemment et ça me touchait… hein, ça me touchait… Je me disais bon… c’est normal avec tous ces gens qui sont autour de lui, etc. J’essayais de m’en faire une idée.” Les restaurants, les réceptions, les fêtes… C’est vrai, Jean-Claude s’est mis à table. Il s’invite au banquet des élites et il a faim. Gaspiller serait un blasphème au vu des sacrifices effectués pour en arriver là. Pas une miette ne doit lui échapper. Il veut goûter, dévorer chaque mets de cet univers devant lequel il a tant salivé. A commencer par les femmes. Il abandonne son épouse Gladys, rencontrée avant la célébrité, pour un top model adepte de chirurgie plastique, Darcy LaPier. Le mariage est spectaculaire. Van Damme offre à sa dulcinée un saphir au modeste coût de 88 000 dollars. Ses fréquentations évoluent aussi et son amitié avec Mohammed ne survit pas au tumulte du triomphe. (Mohammed) “Nos chemins se sont séparés, tout simplement.” (Interviewer) “Trois petits points ou point final ?” (Mohammed) “Comme tu veux, haha… C’est entre lui, Dieu et moi. Abdel Qissi, le frère de Mohammed, qui interpréta quelques-uns des antagonistes phares des films de Van Damme, a assisté à cette séparation. Vingt ans plus tard, lorsqu’il songe aux débuts, il en conclut ceci : (Abdel) “Dans la vie, tout est conjoncture. J’ai rencontré JCVD en 1975, alors qu’il s’appelait encore Van Varenberg. Ensuite je lui ai présenté mon frère Mohammed Qissi, sans savoir qu’ils allaient devenir inséparables. En 1976, j’avais un ami, Paul Van Damme, homme d’affaires qui me soutenait dans mes compétitions de boxe alors que j’avais 16 ans. Je les ai présentés à Paul Van Damme qui les a envoyés à Hong Kong pour que Jean-Claude soit le mannequin officiel d’une revue d’habits masculins, Pierre-Alexandre. Jean-Claude était photographié, non pas en pose traditionnelle mais en position de combat ce qui lui a valu beaucoup de succès. C’est là que l’idée du cinéma a germé. Alors que personne ne croyait en ses chances de réussite, même pas ses plus proches, Mohammed à continué à l’encourager avec l’appui de Paul Van Damme. C’est avec beaucoup de courage et de volonté que Jean-Claude et Mohammed ont réussi à convaincre Menahem Golan de leur confier un rôle dans Bloodsport. C’est en hommage à mon ami Paul Van Damme que Jean-Claude a changé son nom. J’espère que Jean-Claude n’oubliera jamais que dans la vie tout est conjoncture. Si j’avais pas présenté JCVD à Mohammed Qissi, si je ne les avais pas présentés à Paul Van Damme, est-ce que toute cette belle carrière aurait abouti ? Ce que j’ai vraiment envie de dire à Jean-Claude c’est : soit toujours fidèle aux vraies valeurs de la vie, à l’amitié, et garde en mémoire ceux qui étaient toujours prêts à te rendre service, quand tu avais besoin d’aide.” Les vraies valeurs de la vie attendront. Place au festin… Enfiler son maillot, ouvrir la portière d’une voiture, chaque geste exige son lot d’efforts ce soir. Vraisemblablement Jean-Claude est passé voir son ami, ce coupeur exceptionnel selon ses propres termes, qui confectionne de véritables autoroutes. Chaque jour il lui réclame une nouvelle allée vers l’extase. “Aujourd’hui fais-moi Los Angeles-Mexico, Tijuana et sur deux voies !” Dans sa quête du toujours plus, la star belge a découvert une épice qui relève son existence comme aucune autre : la cocaïne. La drogue des nantis. La jouissance est extrême, la saveur du sexe décuplée. Seulement la sentence est la même pour tous. Le malheureux qui goûte le fruit interdit, renonce à son libre arbitre. La goinfrerie à laquelle s’est adonné Jean-Claude Van Damme pouvait difficilement se conclure autrement que par une intoxication. Ce qui n’était qu’une victuaille parmi d’autres au royaume de l’opulence, devient plus vitale que l’eau. Trois années de consommation soutenue plus tard, Jean-Claude est totalement accro et sniffe jusqu’à 10 g par jour. Une quantité démesurée que peu sont capables de digérer. Sa résistance hors du commun ne l’épargne pas pour autant : il court à sa perte. La cocaïne grille la matière grise et en vieillit le cerveau à vitesse grand V. Darcy LaPier partage le goût de son mari pour la fête. Ils ont beaucoup en commun, le tempérament sanguin en premier lieu. Leur relation et sulfureuse, passionnelle, à l’image de la nouvelle vie de Jean-Claude. La frénésie de cet amour est telle qu’elle est d’avance condamnée à ne pas durer. C’est pas bon, il y a un jour bien par semaine avoue Jean-Claude. Depuis leur union, les disputes se sont multipliées, intensifiées, jusqu’à en venir aux mains. Des plaintes sont émises, d’un côté comme de l’autre, au point que la justice s’en mêle. Jean-Claude reproche à Darcy de l’avoir attaqué à coups de table et de matelas, Darcy accuse Jean-Claude d’user de son karaté à son encontre et d’avoir brisé ses prothèses suite à un coup de pied au torse. Son époux aurait aussi tenté de l’étrangler alors même qu’elle portait leur bébé dans ses bras. Le couple périclite puis se rabiboche inlassablement des mois durant et s’achève sur une désunion et un enfant déchiré entre ses deux parents. Jean-Claude va mal. Lui qui à son entrée dans le showbiz ne refusait jamais une photo… Perd patience au point de fracasser la caméra d’un photographe. (JCVD) “Sans me rendre compte, avec les mois qui passaient je devenais sans m’en rendre compte quand même assez agressif, av-avec moi même… très dur avec moi même et puis avec les gens.” Conscient qu’il est malade et qu’il devient dangereux, la crainte de se faire arrêter sous l’emprise de la drogue, de faire du mal à autrui par accident, le convainquent de finalement se réfugier en clinique. Là-bas, hormis le personnel et les patients, il est seul. Personne ne vient le voir. Ses avocats, ses agents, ses amis, personne. (JCVD) “Tous mes avocats, mes agents, mes amis… Ils sont partis ! Y’a personne qui est venu me chercher à l’hôpital, OK ?” Côté travail, ce n’est pas glorieux non plus. Le plaisir n’est plus au rendez-vous et la paresse de mise. Jean-Claude se lasse d’enchaîner les tournages et les promotions à raison de deux films par an. Sans doute devrait-il ralentir le rythme, se montrer plus précautionneux dans ses choix de scénario, mais il a trop peur. Peur de perdre tout ce qu’il a bâti. Pendant ce temps-là, Hollywood n’attend pas. L’époque n’est déjà plus la même. La figure du héros culturiste se ringardise, face à des Jack Traven et autres Ethan Hunt. Des personnages hauts en couleur qui pourraient convenir à Jean-Claude, mais qui ne lui sont jamais proposés. Et puis en 1993, lorsqu’il se pensait maître du monde, son outrecuidance et sa cupidité l’ont perdu. Tandis que Timecop, son film le plus rentable de tous, était en préparation Il exigea auprès d’un studio de cinéma, avec une humilité consommée, le même salaire que Jim Carrey sur le point de percer au travers d’une trilogie mémorable. Une démarche efficace pour se griller auprès du métier et être inscrit sur la liste noire des acteurs à ne plus jamais contacter. (JCVD) “J’avais reçu une offre superbe… de la euh… Universal Studios. …Universal Studios, Universal. Et ils m’ont proposé trois films. Avec des grosses sommes. Au-dessus des 10 millions de dollars, à l’époque y’a de ça… J’avais 33 ans. Et je voulais plus, je voulais jouer quelque chose de… tu sais j’ai fait le con et moi je voulais… je voulais un prix égal à… tatatatata et m’ont dit : Jean-Claude You have a nice life. Et il m’a raccroché dans la voiture, j’étais dans ma voiture.” (Interviewer) “Amusez vous bien !” (JCVD) “Mais j’étais fou, j’étais, j’étais… fou…” (Interviewer) “Et votre principale erreur, ça a été quoi ?” (JCVD) “Oh… principale erreur ? La drogue. C’est pas bon la drogue.” Deux décennies ont passé. Jean-Claude se remémore avec amertume son naufrage. Darcy, la passion dévorante et tout ce qu’elle représente, ne sont plus qu’un mauvais souvenir. Il a renoué avec Gladys, sa compagne d’avant la tempête. (JCVD) “C’est pas… ma meilleure partenaire sexuelle que j’ai eu avec toutes mes femmes je veux dire, mais on s’est créés, il y’a un amour qui s’est créé, une force incroyable.” (Gladys) “Il a fini par comprendre tout seul ce qui lui arrivait. Mais il lui a quand même fallu six ans pour réaliser que durant toutes ces années il était dans l’erreur. Pour lui ça a été six ans de torture.” (JCVD) “J’ai gagné à la loterie le premier numéro, tu vois, et j’ai pas compris ce que vraiment l’amour était, tu vois.” Fuyant désormais le superficiel tant au niveau privé que professionnel, il a remis à l’ordre du jour son souhait originel. (JCVD) “Les gens adorent quand s’est basé sur une histoire réelle et… c’était le seul film qui pouvait me faire démarrer aux USA, avec mes habilités dans le karaté mais je voulais m’orienter plus vers le drama que le film d’action.” (Interviewer) “Vous voulez être un véritable acteur ?” (JCVD) “C’est ça.” Dès 1988, à la sortie de Bloodsports, Jean-Claude Van Damme exprimait la volonté de s’éloigner du karaté. Celle-là même qui, au nouveau millénaire, l’incita au grand désarroi des fans à raréfier ses exploits martiaux. En vieillissant il s’est lassé de l’étiquette “film d’action inepte”, et en est même venu à porter un regard négatif sur ses prestations passées. (JCVD) “L’ acting n’existe pas. L’ acting c’est l’acting, j’en ai fait pendant 35 films, c’est de la merde.” (JCVD) “Les gens m’aiment bien parce que Van Damme c’est pas un acteur.. ” (Interviewer) “Mais c’est quoi si c’est pas un acteur, c’est un mec qui fait du karaté ?” (JCVD) “Non c’est un brand-name.. C’est comme Levi’s, comme Coca-Cola… C’est une marque, la marque Van Damme, les gens vont voir un Van Damme, c’est bon, c’est un gars qui va… faire un One Damme… …tout ça, The Mussels from Brussels. Donc ils sont contents. Mais je dois faire des films maintenant, qui sont à mon âge des scénarios beaucoup plus intéressants.” Sa préparation pour le film In Hell en 2003 a été décisif selon Jean-Claude. Il considère que les enseignements de Ringo Lam, avec qui il a souvent collaboré, lui ont permis de se débarrasser de ses tics de karatéka survolté. (JCVD) “Pousse moi un peu là… directement ce truc de karaté, ça va pas ! Touche moi maintenant. … j’ai peur ! Qu’est-ce qu’il me veut ?” (Présentateur) Vous avez compris l’alliance ?” (JCVD) “ah oui, alors pendant trois mois il était avec moi. Il m’a dit pour l’acting, quand tu fais un rôle, tu dois vraiment… t’imprégner de ce personnage… avant de rentrer dans le rôle. Si par exemple tu es un mec triste, et tu vas être triste, tu vas… J’ai perdu ma femme, mes gosses pourquoi… j’ai eu un accident. Mais tu arrives il ya un mec tu lui dis bonjour… regarde mes yeux. Ça va ? Tu vois comme je suis ? Je suis triste, ça m’a pris 30sec mais je suis triste. Je suis bien, je parle normal mais je suis triste. Heuheuheu… ça c’était avant. Maintenant le mec est heureux. Putain j’ai du pognon, la loterie… J’dis bonjour, ça va, en forme ? Et ça c’est comme Alain Delon, Alain Delon est un grand acteur. Il apprend à compresser ses émotions. Un mec comme Belmondo il est très physique. Ho ! Comment ça va ? Alors mademoiselle ! C’est très bougeant, c’est très vivant ! C’est très extérieur. Et puis t’as l’acting; à l’intérieur qui te fait mal, le vrai acting. La compression des émotions. Et quand tu voies quelqu’un dans les yeux tu compresses tes émotions et n’en sort qu’un laser. Il fat jouer… Il faut compresser ses émotions, il faut les relâcher au bon moment et j’ai rencontré un professeur qui a pu changer ma vie.” Jean-Claude vise la vérité et convoite les émotions. Un authentique travail de comédien doit lui permettre de se démarquer, du jeu d’acteur du genre de celui d’un camarade de la grande époque. (JCVD) “Schwarzenegger, c’est pas un bon acteur ! Je l’avoue, c’est la vérité ce que je dis ! C’est pas un bon acteur.” Le body builder autrichien ne serait assurément pas en désaccord complet avec son homologue belge. En revanche, sans que cela ne l’est par ailleurs empêché de disposer d’une filmographie des plus illustres, il ne s’est jamais encombré de telles prétentions. son rapport au cinéma est bien différent. (Schwarzenegger) “J’ai constaté qu’avec un bon réalisateur, un John Milius ou un James Cameron, mes films grimpaient en flèche parce que j’étais bien dirigé. Mais si le réalisateur était confus ou n’avait pas une vision convaincante du film ça ne marchait pas. Dans les deux cas j’étais le même. C’est donc le réalisateur qui était déterminant. Une fois cela compris, je ne me suis jamais trop pris au sérieux, même quand je croulais sous les louanges. Ce n’est pas moi qui suis responsable du succès de Terminator, c’est la vision de James Cameron. C’est lui qui en a écrit le scénario, qui en a assuré la réalisation et qui en a fait un grand film. Jean-Claude prend bien davantage à cœur l’importance de ses performances et à bon espoir de le prouver. Un problème de taille l’empêche toutefois de parvenir à ses fins. Sa nomination au Razzie Awards de 1989 catégorie pire révélation de l’année annonçait la couleur. Les critiques le pensent tout à fait incapable de jouer. Jean-Claude s’amusait de ces moqueries lorsqu’il se contentait de distribuer des Sonic boom et des flashs kick. Aujourd’hui l’autodérision serait probablement moindre car il s’estime dorénavant digne qu’on le qualifie d’acteur. Pourtant force est de constater que ces présumés progrès n’ont en définitive que faiblement changé la donne. Son assagissement concorde en tout cas avec sa débâcle cinématographique. Van Damme aurait-il dû s’en tenir aux arts martiaux… Aurait-il été judicieux de s’obstiner, de parfaire la formule grâce à laquelle il compte parmi les légendes, convoqué au rassemblement The Expendables. Bloodsport inaugurait son leitmotiv : un tournoi, des combattants aux styles variés, excessivement archétypaux, voire racistes, et des affrontements à un contre un. La scène des protagonistes s’adonnant à une partie de Karate Champ est révélatrice : le film possède toute la panoplie de ce qui fera la gloire des jeux de combat des années 90. Deux ou trois effets sont assez pour immerger Full Contact dans cette ambiance. Le Grand Tournoi, seule réalisation de Jean-Claude Van Damme à ce jour, est la quintessence de cette recette. Ses chorégraphies, bourrées d’idées, intensifiées par une bonne bande son, occupent près d’un tiers du film avec brio et parviennent presque à faire oublier le scénario médiocre seul grand défaut inhérents à ces productions. De la même façon que George Miller a décidé de ne retenir que la substantifique moelle de Mad Max, la course poursuite de 20 minutes à la fin du second épisode, pour pouvoir mettre en scène une de deux heures dans Mad Max Fury Road, Jean-Claude aurait peut-être gagné à faire de même et assumer ce pour quoi, il fut un temps, les gens étaient tentés de payer une place de cinéma pour aller se délecter de ses pirouettes. C’est par exemple la direction qu’a choisi Sylvester Stallone pour revenir sur le devant de la scène. Pour Jean-Claude, la question de savoir s’il est préférable de suivre ses envies au détriment de la discipline dans laquelle il est adoré ne s’est pas posée. Une vingtaine de films à répéter peu ou prou la même chose on étanché sa soif de grabuge. Sa mission est devenue tout autre. (Interviewer) “Qu’est-ce que vous voulez qu’on retienne de vous ?” (JCVD) “Si on retiens mon nom c’est que j’ai pas fait mon travail. C’est-à-dire que mon nom est devenu plus fort que mon travail. Alors si je fais un travail avec cœur, et que je fais bien mon travail, mon travail, ma création, deviendra plus grande que mon nom. Alors moi je n’ai pas encore créé quelque chose qui est plus grande que mon nom. Si un jour j’y arrive, je serai un garçon qui aura beaucoup de chance parce que ma création aura effacé mon nom grâce à son talent. Ne plus utiliser son nom comme argument marketing pour vendre des DVD, prendre part à une oeuvre mémorable, de celle qui mettrait enfin d’accord les spectateurs quant à ses facultés artistiques, voilà le grand dessein de l’acteur belge. Deux productions ont ébauché ce vaste chantier : le film JCVD entre réalité et fiction, fut une excellente surprise pour les spectateurs comme pour la presse, en France et en Amérique. Il en fut de même pour la série fun et déjantée Jean-Claude Van Johnson qui prouve qu’un auteur capable peut faire briller la star belge. Pas de chance, l’une n’a pas rencontré le succès commercial escompté, et l’autre s’est vu annulée au bout d’une saison de 6 épisodes. Jean-Claude Van Johnson devait sauver sa carrière disait l’acteur, la déception n’est que plus grande. Ironiquement, ce qui a inspiré ces récits, bien au dessus de tout ce qui a pu faire Jean-Claude auparavant, c’est Jean-Claude lui même. De quoi confirmer l’affirmation de Howard Stern en 1995. A bien des égards, le destin de Jean-Claude est effectivement incroyable. Son histoire est d’une immense richesse, et l’exploit qui a été le sien anime tous ceux qui aspirent à réaliser leurs rêves. Ses vices, ses défauts, les français ne lui en tiennent pas rigueur face à l’ampleur de sa carrière. Beaucoup se sont contentés d’ambitionner lorsque lui faisait. Son nom, Jean-Claude Van Damme, l’acteur belge désire le gommer au profit d’une création de qualité. Peut-être doit-il se faire à l’idée que sa plus grande œuvre, c’est sa vie. Merci beaucoup d’avoir regardé cette vidéo, j’espère qu’elle vous aura plu. Si vous avez un petit peu d’argent de côté n’hésitez pas à me laisser un petit pourboire sur ma page Tipeee, c’est ma principale source de revenus, c’est ce qui me permet de continuer mon activité sur Youtube. En attendant je vous donne rendez-vous le mois prochain pour une nouvelle vidéo. A bientôt ! Je tiens aussi à remercier la chaîne SuperFlame qui a bien voulu doubler les citations écrites de cette vidéo. Allez faire un tour sur sa chaîne il exploite sa voix dans différents formats excellents, allant de l’imitation à du storytelling et autres détournements. Ciao !

100 comments

  1. Hello ! Voici un portrait globalement négatif, je vous l'accorde, mais sachez-le la plupart des erreurs et critiques évoquées ici ont été reconnues par Jean-Claude Van Damme lui-même. Je me tiens à votre dispo si vous avez des questions supplémentaires et je vous donne rendez-vous le mois prochain pour parler cette-fois ci de théorie du complot ! Pour plus d'indices et de news venez me suivre sur Facebook : https://www.facebook.com/PAUL-vid%C3%A9os-1488687308084372/ et sur Twitter : https://twitter.com/PAUL_videos Tchô !

  2. Le personnage de Jean-Claude Van Damme est posé par la Matrice en plein milieu du paysage pour faire passer les notions maçonniques au plus grand nombre même si c'est sous couvert de dérision.

    … ainsi personne ne pourra dire que rien ne lui a été dit.

    J'adore ce game.

  3. La drogue lui a fait perdre la boule, voilà tout. En tous cas c'est du gâchis. Une ex amie dont le père karatéka était amis avec sa famille, c'était lui avec sa cicatrice au sourcil. Je vais pas le pleurer mais y a un sentiment de gâchi

  4. Y aura toujours des jaloux pour le visé du doigt…il a réussi seul sans fortune sans connaissances sans langue anglais..il a percé a Hollywood un exploit et un exemple pour toutes les classes…le grand message de Van damme. (quand tu veux tu peux)…a tous les jaloux et rageux je vous dis resté Howair🖐

  5. Le pauvre Van Damme n’est pas victime de l’industrie, de son manque de bon films a interpréter et encore moins de la cocaïne, il est tout simplement con comme une valise sans poignée ….

  6. 37:52 Vandamme n’a pas compris ça au bon moment donc il a pris la grosse tête, d’où sa déchéance

  7. moi j'aime bien jcvd il a des films qui font partie de notre enfance en plus . par contre ca m'étonne le Ga fait du karaté depuis qu'il est jeune et il s'est pas défendu il devait être torché a fond

  8. JCVD ne s’exprime peut etre pas aussi bien qu’on l’aurait voulu mais le fond de ses pensés merite quand meme d’etre apprecié. Il est pas aussi con que ce qu’on croit.

  9. Le problème avec l'Arabe c est qu il a trop de valeur et se fait baiser par ceux qui en ont aucune..

  10. Super video ! C'etait interessant d'apprendre un peu plus sur la vie de Jean Claude. A part le titre un peu trop négatif.

  11. Pour se relancer jcvd doit faire des duos avec des acteurs qui ont la côte.. Dicaprio.. Bradley Cooper ect.. Mais il refuse.. Pourtant ça lui été proposé..

  12. C'est dur de l'admettre mais les personnes que j'admire le plus ont eu l'idée étrange d'être tous belges… Brel, Johnny, Jcvd… manquerais plus que James bond se mette aux moules frites! 🙁

  13. niue ta mere batard u pale d'u roi belge on fait tous des connrie
    nique ta mere baqtard on a -tous fait des erreur dans la vie

  14. la decheance sur une soirée ? il a fait plein d'autres films apres, ils roulent en super voiture à los angeles avec villa et des appart à honk kong je vois pas ou est la decheance parce qu'il a vecu un mauvais jours

  15. like si tu aimes chuck zito pour son role de sony forrelly dans gta vice city et aussi dans la serie oz

  16. Bon, concernant son pote, il a fait que des films ou JCVD était présent jusqu'en 2016. ET JCVD a dû l imposer…

  17. Vous êtes trop négatif à son égard, peu de gens ont eu son parcours et il a inspiré la plupart des combattants actuels.

  18. Ok pas cool avec Mohammed mais il était là tout le temps du succès, ils se sont disputés quand les films n'ont plus fonctionnés, est-ce un hasard, sinon je résume l'alcool et la cocaïne ont détruit le vrai JCVD.

  19. La déchéance? C'est fort.
    1) Il a réalisé ses rêves de jeunesse. Rien que ça, c'est grandiose.
    2) Il a eu des problèmes de drogue: la plupart des stars hollywoodienne en ont eu et, à la différence de beaucoup d'autres, il a été capable de se relever, de se soigner et de revenir sur les devant de la scène: chapeau!
    3) Il est à ce jour encore un des acteurs les mieux payés au monde, pas tant pour ses films mais pour les publicités dans lesquelles il tourne, car il est encore très très populaire et ce n'est pas rien!
    4) Malgré ses déboires personnelles et artistiques, son patrimoine (estimé à 30 millions de dollars) et sa capacité à engendrer de nouveaux revenus sont intacts: visiblement, et à la différence de beaucoup de ses collègues, il a su s'entourer des bonnes personnes pour préserver ses bien, ses investissement et son futur. Je crois qu'aujourd'hui il est vraiment à l'abri du besoin!
    5) Il fait preuve d'une tonne d'auto-dérision, au point d'avoir été capable d'en faire un argument commercial et artistique avec Jean-Claude Van Johnson: peut dans son monde en son capable
    6) A 58 ans et malgré son patrimoine solide qui lui permettrait de vivre heureux de rente sur les plage de Californie, il n'arrête pas d'avoir envie de se lancer dans de nouveaux projets.
    7) Envers et contre tout, il est devenu une icone pop de son époque, bénéficiant en Europe d'une aura digne de Stallone et Schwarzy
    8) Ses films sont pour la plupart des nanars, mais tous ont atteint aujourd'hui le statut de nanar culte. Je dirais même que c'est la "marque" JCVD en soi qui est devenu nanardesquement culte, et personne avant lui n'a réussi un tel exploit.
    9) Il est à ce jour le premier et seul acteur belge à avoir percé outre-atlantique et à avoir acquis une renommée mondiale.
    10) En résumant de 1 à 9, il est clairement moins con que ce qu'on pense et pas du tout dans la déchéance!

  20. La chaine de PAUL : ennuyeux et répétitif, du vu et revu mais en moins bon que ce que font les autres sur YouTube. Pour l'objectivité on repassera. Je vois pas comment tu peux avoir autant d'abonné.

  21. Le gars, il a pu faire ce que tu fera jamais, partir d un blind appelé Belgique et se dire« je vais me marié avec cette star américaine», ce qu'il a fait, et tu pense que c est un con? Il parlais pas un mot d anglais et est devenu un star. Le con c est qui , lui ou toi?

  22. Очень интересно, но нифига не понятно 🙂 почему это видео в рекомендациях? Я не понимаю французский

  23. jai trop mal de voir sa je l'aime trop jai mal que le monde pense sa de lui pour toujours alors quil est géant

  24. Dommage, c'est un etre sensible qui parle avec son coeur. Il est trop direct surtout dans le milieu du show-biz,en plus la coke qui a demoli plus d'un artiste. On t'aime comme tu est , qui n'a pas fait d'erreurs. Reste comme tu est la sensibilite est une qualite ( t'en ramasse plein la gueule,certes mais ca t'ouvres bien des portes sur la Verite. Crois-y et crois en Toi . 👍✌🌞🙏🤲🔥☸⚕☯️⛩💜🌈🌞🌈🥋🥊♾♾♾

  25. moi je t'aime bien Jean Claude, tu nous a fait rêver moi et ma génération ! et puis, sois toi-même peu importe ce que pensent les gens, c'est ça le vrai secret du bonheur dans cette vie au risque de paraître fou !!

  26. kik boxer restera un de mais film favorie de karate quand j etait gosse et les gens peuvre se foutre de sa geule il a fait rever ma generation de gamin en 80's

  27. En résumé, il est connu partout, bien accueilli partout dans le monde, apprécié de la majorité, il a de l argent, une femme superbe, de beaux enfants…

  28. N'importe quoi … Quel intérêt de faire 45 min de documentaire pour détruire l'image de quelqu'un qui ne vous a rien fait ??? je demande quel intérêt ?? L' Homme est tellement orgueilleux qu'il traite de folie tout ce qu'il ne comprend pas …. VIVE VAN DAMME !!!

  29. C'est quoi le but de cette vidéo, casser la réputation de jcvd, l'humilier ? Vous n'y arriverez pas car il est au-dessus de la haine et la jalousie maladive qu'est en vous.

  30. Le montage à partir de 19:10 rend tellement bien !
    Bon pour In Hell t'es dur. Il est vraiment très bon.

  31. Un milieu de bouffons qui se la pètent mais qui sont pourtant une bande de loosers… L.A. quoi !!! Le fric et l'ignorance…

  32. C'est pas souvent que je donne des commentaires sur un video mais avec le tien jai pas pu m'enpecher il fallait que je te felicite pour le super bon documentaire que tu a fait la.Tres professionel et digne de passer a la television.Jai trouver ca tellement interessant et captivant que une fois que javais commencer a le regarder il fallait que je continue jusqua la fin.Tu devrais un faire d'autres comme ca sur d'autres vedettes.Super Bon travail.Je connaisais pas trop concernant la vie de Jean claude.Maintenant mon opinion de lui est que il est quelqun qui a laisser la gloire lui monter a la tete.Il est super arogant,effronter et la drogue semble l'avoir rendue encore plus imbecile.Il est chanceux que son ancienne partenaire la reprise surtout que il dit dans l'entrevue que elle est pas sa meilleur partenaire sexuelle.Quelle manque de respect envers elle.Mais bon peut importe le genre de personne quil est dans la vie priver j'aime beaucoup certains de ces films et j'aime le voir dans des films d'action.Mais comme bien d'autres stars de hollywood dans la vrai vie c'est juste un con.

  33. il a laissé tomber son ami et ca c'est terrible il n'a aucune excuse a mes yeux
    il a laissé sa femme pour une femme qu'il jugeait plus sexy
    ce type n'a au fond aucune des valeurs qu'il prône
    un représentant de commerce sans le moindre échantillon
    a mille kilomètres d'un schwarzi ou un stalone

  34. Pff se moqué de jcvd le mec a galérer comme un batard a charbonné comme un chien.
    Tous ce qu'il a eux il l'a gagné avec ses triples, les gens qui se moquent c des trou de cul qui connaissent queue dalle a la merde RESPECT a JVCD et c'est putin de film culte que je regarde jusqu'à maintenant comme Full contact

  35. Jean claude vandamme victime de cette société de merde comme tant d'autres! Mais reste un homme très inteligent! Abonnez vous a ma chaine de merde sans saveur SVP je promet d''avoir du bon contenu dans 3 ans

  36. Merci pour cette vidéo.
    Tu/Vous auriez pus le mettre plus en avant sur le combat drogue/alcool ?
    Touchez pas à ça les enfants.

  37. voila une belle preuve de non solidarité , de non respect et de non intélligence , c'est ca la france , voila pourquoi on progressera jamais dans ce pays …

  38. Tu metonnes quil a ete allonge avec deux droites ! Quand tu vois la carrure de chuck dans Oz il a du les sentir passer 🙂

  39. Ah ouais, c'est pas tout à fait ce qu'il a prétendu avoir fait.
    Je n'ai vu aucun de ses films, je me demande même comment il a pu réussir tellement ils sont faibles, ça reste mon philosophe préféré. ^^

  40. Vous savez à quel moment JCVD à t-il descendu en audience d’un coup , exactement au moment ou il commença à aller en France pour des interviews etc… La France le pays du drama et des gens bloqués du cul.

  41. Bon d abord pour moi,tous ces films sont bons,même les sorties DVD tournées dans les pays de l Est;il a fait connaitre des acteurs comme Gary Daniels (Ken le survivant,Nicky Larson avec Jackie Chan) et Scott Adkins (Boyka)…Par contre j ai du mal avec Stallone qui n a fait que 4 bons films (les 3 premiers ROCKY et FIRST BLOOD),je ne parle même pas de Jason Statham qui est carrément merdique dans des films d actions ( heureusement pour lui qu il a joué dans Snatch et lock,stock…).Chuck Norris n a fait aussi que des films de merde et Lundgren pareil.Van Varenberg merci pour avoir fait ce que tu as fait et les autres n ont cas aller se faire voir et reste toi même!

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